(Détail bois peint, autel de la chapelle Notre-Dame des Anges d’Orvault. Scènes de l’adoration des mages. Photo Vincent Gautier)

(Détail bois peint, autel de la chapelle Notre-Dame des Anges d’Orvault. Scènes de l’adoration des mages. Photo Vincent Gautier)

Les sociologues, politologues, journalistes et économistes disent que nos sociétés occidentales ont peur : peur de la pandémie qui n’en finit pas avec son cortège de contraintes sanitaires, de difficultés économiques et sociales, d’incertitudes sur l’avenir… Peur du terrorisme… Du réchauffement climatique…

C’est dans ce climat très particulier que nous fêtons Noël. Cette fête sera-t-elle un simple répit au milieu d’une grande dépression ou bien plutôt l’occasion de regarder ces peurs en face pour les combattre, pour trouver l’espérance nécessaire et regarder l’avenir sans crainte ?

En des temps troublés, dans un coin méconnu de Judée et dans l’inconfort d’une crèche, un enfant voit le jour. Il pousse son premier cri loin de chez lui et connaîtra, peu de temps après sa naissance, l’exil en Égypte afin de fuir les soldats d’Hérode. Nous le voyons, derrière le chant des anges et l’émerveillement des bergers, l’inquiétude et la peur rôdaient autour de la Sainte Famille.

Pourtant, c’est dans la fragilité d’un enfant, dans la joie sans doute mêlée d’angoisse de ces jeunes parents perdus en un village qui n’était pas le leur, que Dieu, en Jésus, se fait homme au milieu des hommes. Il veut partager leur quotidien mêlé de joies, de peurs et d’angoisses pour y faire surgir l’espérance. Feuilletant un Évangile, nous découvrons des hommes et des femmes enfermés dans le mal, frappés par l’épreuve de la maladie, écrasés par les accidents de la vie et que Jésus pardonne, guérit, relève. Ouvrir la vie des hommes à l’espérance sera son combat, il y perdra la sienne mais les chrétiens le croient : L’espérance est plus forte que la mort et Dieu son Père l’a ressuscité à jamais ! C’est cette foi qui les habite et qu’ils veulent annoncer : La peur ne peut vaincre ! L’espérance aura le dernier mot.

Que nous croyons au ciel ou que nous n’y croyons pas, nous pouvons tous reconnaître dans la fragilité de l’enfant de Bethléem, la petite flamme « espérance ». Elle est vacillante mais vaillante, présente en notre vie, capable de nous susciter malgré nos peurs et nos inquiétudes pour que nous nous engagions au service de notre « maison commune » – notre monde – afin qu’il soit plus juste, plus fraternel, plus solidaire. Toute parole et tout geste qui font reculer la peur et ouvrent l’avenir sont autant d’étoiles de Noël à repérer et à fêter, tant nous sommes enclins à contempler davantage la noirceur de la nuit.

Dans ce contexte, nous ne devons pas oublier qu’en pleine pâte humaine, nous sommes appelés à être levain d’espérance.

Je vous souhaite à tous un Noël de paix, qui fasse briller la nuit des mille feux de la tendresse de Dieu !

+ Mgr Laurent Percerou
Évêque de Nantes

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